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PAYOTE : vive les espadrilles « imprimées en France » !

 

Chemises, bijoux, slips et même carrés de soie, le savoir-faire français s’étoffe. Née à Perpignan en 2016, la jeune marque Payote œuvre aujourd’hui pour rapatrier la production d’espadrilles en France. Personnalisation, innovation, automatisation de la production… Olivier Gelly, son fondateur, est sur tous les fronts. Son objectif : produire 1 million d’espadrilles par an, en 2024.

 

 

Olivier Gelly et son équipe  @Payote

 

 

LE SAVIEZ-VOUS ? Chaque année, il se vend en France près de 12 millions d’espadrilles. Mais seul 1,5 million est effectivement fabriqué dans l’Hexagone, tandis que la concurrence chinoise en produit 9 millions. Une fatalité ? Par pour Olivier Gelly, le fondateur de la marque Payote, qui s’est donné pour mission de relancer la production de la célèbre chaussure de toile, en France.

Nous sommes en 2016 lorsqu’il décide de se lancer. Pour ce natif de Perpignan, qui porte des espadrilles hiver comme été, il est inconcevable que ce savoir-faire disparaisse. « Cela fait partie de notre patrimoine » dit-il. De fait, l’histoire raconte que les fantassins espagnols du roi d’Aragon portaient déjà ce type de sandales au XIIIe siècle. Il faudra cependant attendre le XVIIIe pour qu’une véritable fabrication de l’espadrille s’organise et que la célèbre chaussure de toile gagne ses galons dans le monde entier. Yves-Saint-Laurent en fera même un accessoire de mode incontournable, en la dotant d’un talon.

 

Une belle histoire à perpétuer

Vendeur dans le prêt-à-porter, Olivier Gelly vend sa voiture pour acheter son premier stock. Son idée : créer la différence en proposant des collections personnalisées et fabriquées en France. Et c’est à Mauléon, capitale de l’espadrille, dans le Pays Basque, qu’il décide de faire fabriquer ses collections. Il choisit de travailler avec l’atelier Megam, fabricant d’espadrilles depuis plusieurs générations.

Carrefour achète le premier stock, puis les commandes s’enchaînent. « Les galères aussi » tient à préciser Olivier Gelly, mais le jeune chef d’entreprise maintient le cap. « Ce sont les années débrouille ».

En 2017, le site web de Payote voit le jour. En 2018, la marque lance « l’espadrille qui sent bon » à base de microcapsules parfumées développées avec un laboratoire de Montpellier. En 2019, Olivier Gelly choisit de travailler avec la toile recyclée de Seaqual pour confectionner des espadrilles encore plus vertueuses.

 

 

 

 

 

Des espadrilles dans l’air du temps grâce à la personnalisation

En 2020, pour renforcer le développement de la personnalisation dans les collections, une nouvelle étape est franchie avec l’achat d’une imprimante textile en sublimation.

Après un premier pilote en mars, l’investissement est conclu en juin avec l’acquisition d’une HP Stitch S500, en 64 pouces, distribuée par ID Numérique. « Nous développons toujours plus de collections personnalisées, en collaboration avec des graphistes ou via la signature de licences. Cette nouvelle solution d’impression nous donne la souplesse pour le faire et nous permet d’imprimer plus facilement nos motifs, avec un bon niveau de qualité. Nous les fixons ensuite sur nos toiles de coton contrecollées en polyester via une calandre », explique Olivier Gelly.

« Nous avons également investi dans une table Summa pour découper nos pièces destinées à la confection, en attendant d’autres investissements pour automatiser davantage encore notre production et maintenir un bon niveau de compétitivité », poursuit le chef d’entreprise.

Payote a signé l’an dernier des partenariats avec le XV de France et l’Élysée, et cette année avec la marque OMY pour une collection estivale très colorée, coloriables avec des feutres textile (notre photo de Une).

 

 

Objectif 2024 : produire 1 million d’espadrilles par an

Seize personnes travaillent aujourd’hui chez Payote pour assurer la logistique, le suivi de production, le SAV, le marketing et l’administratif : un effectif appelé à doubler dans les mois à venir. « Nous voulons augmenter la cadence, avec comme objectif de produire 800 000 à 1 million d’espadrilles par an à horizon 2024, contre 50 000 aujourd’hui », annonce Olivier Gelly, qui vient d’acheter un terrain de 8000 m2 à proximité de ses bureaux actuels pour concrétiser ce développement. Y seront implantés ses nouveaux locaux dans lequel prendra place son atelier du futur avec un site de prototypage pour accompagner le développement des séries limitées et une équipe dédiée à l’amélioration des performances de l’entreprise via l’automatisation des flux. « Un site unique dans lequel nous ferons le pont entre le passé et le futur, le patrimoine que nous défendons et son histoire, et l’innovation que nous y apportons pour qu’il continue à exister ». Et cela semble plutôt bien parti pour Olivier Gelly et son équipe. Partie de 12 000 euros de chiffre d’affaires en 2016, la jeune marque a dépassé le million en 2020.

 

 

@Payote

Journaliste, Cécile Jarry suit depuis plus de dix ans l’actualité des secteurs des industries graphiques et créatives. Responsable veille & contenu chez 656 Editions, elle collabore aujourd’hui au magazine Industries Créatives. Ses sujets de prédilection : le design durable, l'éco-conception, la personnalisation ainsi que les dernières évolutions de l'industrie.