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« Hexis va investir 4 millions d’euros par an jusqu’en 2025 »

Le fabricant français de films adhésifs, qui a plutôt « bien » résisté en 2020, annonce plusieurs projets d’investissements pour ses deux sites industriels de Frontignan (34) et Hagetmau (40). Le groupe familial, qui se lance dans le déploiement d’une politique RSE ambitieuse, mène également des opérations de croissance externe à l’étranger. Caroline et Clément Mateu, à la tête du groupe industriel français, font le point sur ces sujets d’actualité avec IC Le Mag.

Propos recueillis par Cécile Jarry et Florent Zucca

 

 

Comment le groupe Hexis a-t-il traversé l’année 2020 et comment se porte l’activité sur ce premier semestre 2021 ?

Clément Mateu : Nous avons bien évidemment placé un certain nombre de salariés en activité partielle en 2020, mais nous n’avons jamais arrêté nos lignes de production, même lorsque l’activité a baissé. Hexis est un gros bateau, avec forcément un peu d’inertie. Nous avons donc mis en place un plan de continuité, afin d’anticiper la reprise et en nous armant de produits finis. Notre Hexis Training Center a également continué à fonctionner pendant toute la durée de la crise, les professionnels ont mis à profit le temps imparti pour monter en compétences.

Caroline Mateu : Nous étions à – 25 % d’activité après les trois mois du premier confinement. Puis, nous avons connu un rebond porté par le secteur de la communication visuelle et par les marchés de l’automobile et de la décoration. La décoration est encore un marché de niche pour nous, mais en croissance constante depuis plusieurs années. Et cette période a contribué à renforcer cette tendance : les gens ont profité du confinement pour s’occuper de leurs intérieurs. Nous avons également beaucoup travaillé sur des produits de signalétique sanitaire pour du marquage au sol, sur les murs et les vitres. Notre gamme de films antimicrobiens Pure Zone est ainsi passée de 200 000 euros de chiffre d’affaires à 2 millions. Au final, nous avons bouclé notre exercice 2020 à – 8 % (en consolidé) par rapport à 2019, soit près de 90 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Clément Mateu : Depuis le début de l’année, nous n’avons plus d’activité partielle et toutes les lignes tournent, même si l’activité reste un peu dégradée et assez volatile. Et comme d’autres secteurs industriels, nous faisons face à une crise des matières premières sans précédent. PVC, papiers siliconés, poudres, additifs : les prix flambent et l’approvisionnement est très compliqué. C’est du jamais vu.

 

Quels sont aujourd’hui vos principaux marchés ?

Caroline Mateu : Les arts graphiques représentent toujours notre plus gros marché, devant celui de la protection (protection industrielle, protection de surface et de carrosserie). Nous avons également plusieurs marchés de niche, qui connaissent de belles croissances, que ce soit dans l’aéronautique, les sports mécaniques, le solaire et le textile.

Clément Mateu : En termes géographiques, la France est de loin notre marché principal. Nous réalisons 45 % de notre chiffre d’affaires dans l’Hexagone, avec quelque 5000 clients. L’export représente 55 % de l’activité, et nous grapillons des parts de marché un peu partout. Nous disposons actuellement de huit filiales à l’étranger, mais nous changeons un peu de stratégie à l’international. Jusqu’ici, nous avions toujours créé des filiales ex-nihilo. Désormais, nous passons aussi par des opérations de croissance externe, en rachetant des distributeurs, comme récemment en Suisse. Ce sont des opportunités qu’il faut savoir saisir, nous avons d’ailleurs trois projets en cours.

 

« Cet investissement sur le site de Frontignan doit nous permettre d’augmenter notre productivité et d’améliorer nos flux », Caroline Mateu

 

Hexis a obtenu, en janvier dernier, un soutien de l’État à hauteur de 800 000 euros, dans le cadre du plan France Relance. Cette enveloppe est destinée à vous aider à développer votre outil industriel. Quels sont les projets sur la table aujourd’hui ?

Clément Mateu : Hexis dispose d’un outil industriel exclusivement basé en France, avec une usine historique à Frontignan (12 000 m2) et une nouvelle usine à Hagetmau (25 000 m2), dans les Landes. Sur le site de Frontignan, nous allons construire un nouvel atelier de mélange destiné à l’élaboration de nos films. Chaque année, 25 millions de mètres carrés sont adhésivés avec des produits Hexis : tous sont, à la base, développés dans notre atelier de mélange. Cette nouvelle extension est aujourd’hui nécessaire pour nous permettre de gagner en productivité. Elle devrait être achevée fin 2022 et nécessite une enveloppe de près de 4 millions d’euros.

Caroline Mateu : Les 800 000 euros du plan France Relance vont nous aider à financer cet investissement. Mais nous voyons plus loin. Dans un second temps, à horizon 2025, nous prévoyons aussi d’installer une nouvelle ligne de production à Frontignan, soit une ligne d’enduction et un carrousel d’emballage. Dans le même temps, nous investissons aussi sur notre site d’Hagetmau, avec l’installation de deux lignes d’induction (pour une enveloppe de 8 millions d’euros), un oxydateur thermique (1,7 million) et un carrousel d’emballage (2 millions). Au total, tous projets confondus, Hexis va ainsi investir 4 millions d’euros par an d’ici 2025, avec, on l’espère, une trentaine d’embauches à la clé.

 

« Chaque année, 25 millions de m2sont adhésivés avec des produits Hexis : tous sont, à la base, développés dans nos ateliers de mélange », Clément Mateu

 

Ces développements s’inscrivent-ils dans le cadre d’une démarche RSE ?

Caroline Mateu : Oui, nous menons d’ailleurs un projet de déploiement d’une stratégie RSE beaucoup plus poussée que ce qui existe actuellement. Nous sommes accompagnés pour cela par GreenFlex (une entreprise française spécialisée dans l’accompagnement de la transition environnementale et sociétale des entreprises et des territoires, ndlr). Tous les aspects du groupe sont audités et le rapport donnera lieu à un plan d’actions concret impliquant toute la chaîne de valeur (de nos fournisseurs à nos salariés, en passant par la production et la logistique), avec comme axe stratégique la réduction de nos émissions carbone, mais aussi une communication autour des bonnes pratiques concernant les caractéristiques et l’utilisation des produits PVC.

Clément Mateu : Nous débutons également un programme de recyclage de nos films. Mais on ne met pas en place un tel process d’un claquement de doigt, donc nous serons en mesure d’en dire plus au cours des prochains mois. La R&D occupe aussi une place importante dans cette stratégie de développement avec notamment le développement de notre gamme sans PVC. Ce sont des produits qui nécessitent des temps de développement longs pour répondre aux besoins et aux caractéristiques requises par les transformateurs. Néanmoins, nous sommes déjà fournisseur depuis deux ans, avec ces produits, du Championnat du Monde de monoplaces électriques Formule E.

 

Source du visuel : Hexis