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    Guyenne Papier fait barrière au plastique

    C’est le résultat de quatre années de recherche. Le spécialiste en enduction lance une nouvelle gamme de papiers destinés au secteur de l’emballage, garantis sans plastique, ni matières controversées.

    Une enduction sans substances controversées ni matières plastiques, qui convient à de multiples applications et qui permet au papier qu’elle transcende de conserver toutes ses vertus de recyclabilité ? Ce qui semblait impossible il y a encore quelques années ne l’est plus aujourd’hui. Le service R&D de Guyenne Papier, qui planchait sur le sujet depuis près de quatre ans, vient de mettre au point une nouvelle gamme de papiers capables de remplacer les films plastiques présents dans les emballages.

    To bee or not to bee ?

    UniversalBee, GreenBee et LadyBee : les trois références de la nouvelle gamme SunniBarrier n’ont rien à envier à leurs équivalents plastique, bien au contraire. Elles en possèdent les mêmes propriétés – barrière à l’eau, barrière aux graisses, barrière à la vapeur -, sont thermoscellables et surtout recyclables, à 95%.

    « Le papier est une matière cellulosique poreuse. Tout l’enjeu était de réussir à lui apporter de hautes propriétés techniques sans annihiler un de ses principaux atouts qui est sa recyclabilité. Et nous y sommes parvenus », se félicite Céline Procop, Pdg de Guyenne Papier.

    « Avec cette gamme, Guyenne Papier conforte également son engagement à ne pas utiliser de substances controversées dans la composition de ses produits, comme par exemple les résines fluorées dont les propriétés barrières à la graisse sont tout à fait remarquables, mais qui sont décriées depuis plusieurs années pour leur rôle néfaste sur la santé. Certains pays comme le Danemark les ont déjà bannies. C’est aussi la voie que Guyenne Papier a choisi de suivre, même si ce n’est pas la plus facile », précise la dirigeante, dont les produits sont également sans dérivés chlorés (PVdC), sans PVA, sans PE (Polyéthylène) et autre PET (Polyéthylène Téréphtalate).

    Une première application concrète

    La gamme SunniBarrier a séduit une entreprise située en Nouvelle Aquitaine qui fabrique des emballages de sachets de thé en papier 100% biosourcé. Elle a choisi pour sa production un papier qui est barrière aux graisses et thermoscellable, tout en étant sans plastique, recyclable et biodégradable.

    D’autres pistes sont sur la table. Guyenne Papier apporte aujourd’hui son expertise et sa technicité pour fabriquer des produits concrets, qui arrivent directement entre les mains des consommateurs, tels que les emballages de sachets de salades prêtes à l’emploi, les barquettes de boucherie et de poissonnerie, les emballages de céréales ou encore les sachets de visserie.

    Pouvoirs publics et consommateurs : la pression monte

    Il faut dire que le contexte est favorable à l’avènement de telles solutions. Entrées en vigueur en janvier 2021, les premières mesures de la loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC) ont envoyé un signal très clair à l’industrie agroalimentaire en général, et au secteur de l’emballage en particulier. Depuis le 1er janvier 2022, un deuxième volet de mesures prévoit notamment l’interdiction de coller une étiquette directement sur les fruits ou les légumes, sauf si celle-ci est compostable et constituée pour tout ou partie de matières biosourcées, d’utiliser des emballages plastiques pour les fruits et légumes et des sachets de thé en plastique non biodégradable. Plus largement, la loi impose la réduction de 50% des plastiques d’ici 2025, pour tous les emballages alimentaires, l’objectif étant d’atteindre les 100% en 2040.

    Un enjeu prioritaire

    En amont de son édition 2022 qui se tiendra en novembre prochain, le salon ALL4PACK Emballage Paris a interrogé plus de 200 fournisseurs d’emballage (40%) et industries utilisatrices (60%), tous secteurs confondus, pour connaître leur vision sur l’évolution des matériaux d’emballage. Les résultats montrent que la révolution durable du secteur de l’emballage est en marche. L’ensemble du panel a déclaré être conscient de la nécessité d’une transition écologique : 88% estiment même comme enjeu prioritaire l’utilisation d’emballages plus respectueux de l’environnement.

    Les principales raisons motivant cette transition sont les attentes des consommateurs (69%), les bénéfices en termes d’image (56%) et les changements de législation (49%). À contrario, les freins exprimés sont sans surprise le coût à l’utilisation de ces matériaux (63%), leur disponibilité (43%), et leur qualité (37%), freins davantage perçus par les industries utilisatrices (43%) que les fournisseurs (27%). « Dans un contexte de crise de l’industrie papetière, la disponibilité des matériaux est certes un enjeu. Chez Guyenne Papier, nous avons anticipé ce risque et doublé nos stocks, en bonne intelligence avec nos fournisseurs qui ont joué le jeu, ce qui nous a permis de livrer nos clients », commente Céline Procop.

    Une nouvelle dynamique environnementale à construire

    « Le moment est venu pour les industriels qui souhaitent entamer cette transformation de leur activité de réévaluer leurs besoins. Le plastique a longtemps été une matière miracle dotée de beaucoup de vertus. Mais toutes, aujourd’hui, ne sont pas forcément nécessaires. On stocke moins, on produit davantage à la demande… À nous aussi d’accompagner les fabricants dans cette nouvelle dynamique environnementale en les aidant à se poser les bonnes questions », conclut Céline Procop.

    Photos © Guyenne Papier

    Journaliste, Cécile Jarry suit depuis plus de dix ans l’actualité des secteurs des industries graphiques et créatives. Responsable veille & contenu chez 656 Editions, elle collabore aujourd’hui au magazine Industries Créatives. Ses sujets de prédilection : le design durable, l'éco-conception, la personnalisation ainsi que les dernières évolutions de l'industrie.