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APF ENTREPRISES se dessine un avenir durable dans le textile

Après la filière maroquinerie, APF Entreprises a décidé, en début d’année, de lancer sa filière textile. L’atelier a investi en conséquence. Son objectif : devenir le partenaire inclusif de référence de la mode éthique et responsable d’ici 2024.

 

Le succès grandissant de marques françaises comme Le Slip Français donne à penser que l’idéal d’une souveraineté industrielle retrouvée, pour le secteur du textile en France, est aujourd’hui possible. De fait, la relocalisation gagne du terrain.

Dans la foulée de la mobilisation exemplaire qui, pendant la crise du Covid-19, a vu les entreprises françaises unir leurs efforts pour produire des masques en urgence, la filière textile prend un nouvel élan. Après s’être fait laminer par la concurrence chinoise, elle crée désormais plus d’emplois qu’elle n’en détruit. Son arme secrète pour refaire tourner ses ateliers ? L’innovation.

Exactement la voie suivie par APF France Handicap via sa structure de travail adapté APF Entreprises, installée à Noisy-le-Sec. « Après la filière maroquinerie, APF Entreprises a décidé, en début d’année, de lancer sa filière textile. Notre activité de fabrication de masque durant la crise du Covid-19 nous a permis d’accélérer le lancement de cette nouvelle filière, en nous permettant de former nos équipes et de faire des investissements matériels adéquats », confirme Patrick Naturel, le responsable de production d’APF Entreprises.

 

Du patronage à l’impression

Derrière l’imposante façade en verre miroir de l’entreprise, une centaine de personnes s’active. Certaines découpent avec précision et minutie des pièces de cuir qui serviront à fabriquer des sacs pour une luxueuse marque de maroquinerie, d’autres réparent et reconditionnent des imprimantes de bureau, tandis que dans un troisième atelier, on démantèle une quantité phénoménale de vieux compteurs électriques, juste bons à être recyclés et valorisés. À l’étage, une salle blanche accueille des spécialistes en technologie fine qui assurent la maintenance des fameux pousse-seringues électriques, si utiles pour lutter contre la pandémie. Au rez-de chaussée, on entend une dizaine de machines à coudre qui s’activent, elles fabriquent des masques. Juste à côté, un atelier de broderie prend forme. Un peu plus loin, on aperçoit un nouveau local, flambant neuf. C’est le nouvel atelier d’impression textile. À l’intérieur : une imprimante est en production. « Il s’agit de notre dernier investissement. La tête de pont de notre stratégie de diversification dans le textile. Jusqu’ici, nos prestations allaient du modélisme au façonnage en passant par la découpe. En intégrant l’impression, nous sommes aujourd’hui à même de produire des collections complètes, en France », précise Patrick Naturel.

Constituée en mode projet, l’équipe qu’il pilote s’est fixée comme objectif de devenir le partenaire inclusif de la mode éthique et responsable en France d’ici 2024.

 

Un écosystème vertueux

« Nous sommes aujourd’hui, via notre réseau, un partenaire actif du mouvement Paris Good Fashion, qui souhaite faire de Paris la capitale de la mode responsable », indique Patrick Naturel.

Pour imprimer les collections de ses clients, APF Entreprises a fait le choix d’investir dans une imprimante Monna Lisa de chez Epson. « Il était important pour nous d’avoir une solution d’impression qui soit conforme à nos attentes en termes de qualité d’impression bien sûr, mais aussi de respect de l’environnement. Epson répondait à tous ces critères », précise Patrick Naturel. Le modèle choisi est une Monna Lisa Evi Tre, équipée de 8 têtes d’impression et dotée d’encres pigmentaires. Grâce à elle, APF imprime des tissus naturels avec un rendu identique à celui d’une impression conventionnelle. À ce détail près que sa machine consomme 90% d’eau et 70% d’énergie en moins.
Opérationnel depuis janvier 2021, l’atelier vient d’imprimer la nouvelle collection de bandanas que la créatrice Agnès B a dessiné pour le Slip Français. Guillaume Gibaud, le fondateur de la marque, est d’ailleurs venu visiter les lieux, avec sa directrice de production.

Lors de notre visite dans les locaux, c’est l’équipe de Télévisionstyle qui est là. Télévisionstyle est une agence de conseil en style, spécialiste des médias. Durant ces 20 dernières années, ses équipes ont conseillé et habillé plus de 500 journalistes et contribué à l’identité vestimentaire de 300 programmes.

En 2020, elle a décidé, en tant que diffuseur de tendances à la TV, de s’engager en faveur d’une mode plus responsable et de créer, pour cela, un vestiaire de mode durable. « Nous avons expertisé plus de 300 marques, retenu 71 d’entre elles et placé 80 pièces vestimentaires auprès de 24 célébrités, avec une moyenne de 950 000 téléspectateurs par diffusion », explique France Thébaut, la fondatrice et dirigeante de Télévisionstyle. « Aujourd’hui, nous voulons franchir une étape supplémentaire en produisant notre propre collection », poursuit-elle.

À l’instar de ce qui a déjà été fait pour accompagner les créateurs en maroquinerie avec la mise en place d’un partenariat avec La Caserne, APF souhaite désormais accompagner les marques dans leurs projets textiles responsables. « On recherche des projets et des idées à expérimenter pour continuer à évoluer », confie Patrick Naturel.

 

200 machines et 120 salariés dans l’Hexagone

Dans le showroom de l’atelier, on découvre la collection réalisée par APF pour Damart. En 2020, la marque s’est associée à la start-up lilloise Modimalisme pour entrer dans le cercle vertueux de la revalorisation des invendus et des surstocks. Et c’est le fameux Thermolactyl, qui, le premier, a bénéficié de ce nouveau souffle, en s’imprimant de motifs uniques, créés pour l’occasion.
France Thébaut restera plus de trois heures dans l’atelier. Patrick Naturel lui expliquera qu’APF Entreprises fonctionne comme une entreprise classique, avec un système de salaire fixé sur les grilles de l’industrie et de la métallurgie. « La différence se fait seulement au niveau des rythmes de production, qui sont adaptés » souligne le responsable.
Présent également sur les lieux ce jour-là, François Le Bas, ingénieur textile chez Epson avec qui APF travaille, main dans la main. Il est venu avec une malle d’échantillons. France Thébaut et la styliste-modéliste qui l’accompagne sont séduites par la qualité des tissus imprimés. En sortant de l’atelier, elles prennent date avec Patrick Naturel pour continuer à construire leur projet de mode durable.Sept autres entreprises adaptées, basées à Dinozé, Illkirch, Ludres, Pau, Amiens, Echirolles et Briec, sont aujourd’hui positionnées, aux côtés d’APF Entreprises, pour étendre l’expertise de l’atelier Noisy-le-Sec. Avec, pour chaque établissement, une ou plusieurs spécialités qui vont du modélisme à la confection, en passant par le patronage, la découpe et l’impression. Soit près de 200 machines et 120 collaborateurs dédiés à cette nouvelle filière textile dont la démarche, éthique, s’appuie sur des outils de production responsables, des matières premières provenant de France, le respect des labels écoresponsables et une vraie réflexion autour du recyclage.

 

 

 

Journaliste, Cécile Jarry suit depuis plus de dix ans l’actualité des secteurs des industries graphiques et créatives. Responsable veille & contenu chez 656 Editions, elle collabore aujourd’hui au magazine Industries Créatives. Ses sujets de prédilection : le design durable, l'éco-conception, la personnalisation ainsi que les dernières évolutions de l'industrie.