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Le photographe José Manuel Ballester revisite le Guernica de Picasso, grâce à l'impression numérique.

José Manuel Ballester réinterprète Guernica grâce à l’impression numérique

Célèbre pour son travail sur le vide et pour ses classiques de la peinture revisités sans personnage, le photographe espagnol José Manuel Ballester s’est attaqué à Guernica, pièce maîtresse d’une exposition qui lui est actuellement consacrée au musée Guggenheim de Bilbao. Pour sa réinterprétation du chef-d’œuvre de Picasso, l’artiste a fait appel au spécialiste des industries graphiques Estudios Durero et au constructeur de machines d’impression numérique Durst.

 

Photos : José Manuel Ballester, En torno al Guernica, 2009/2020, © FMGB Guggenheim Bilbao Museoa, 2021

 

L’impression numérique se fait une place au musée. Et pas n’importe lequel : au Guggenheim de Bilbao. Le musée d’art moderne et contemporain de la capitale basque accueille actuellement une exposition consacrée au photographe José Manuel Ballester, célèbre pour son travail sur le vide et notamment pour ses réinterprétations des grands classiques de la peinture, que l’artiste espagnol revisite en y faisant disparaître les personnages (humains ou animaux). José Manuel Ballester – qui a travaillé sur des toiles comme Les Ménines de Velázquez ou Le Jardin des délices de Jérôme Bosch – s’est attaqué cette fois-ci au Guernica de Picasso. Huile sur toile datant de 1937, symbole de la dénonciation de la violence franquiste et fasciste, puis de l’horreur de la guerre en général, le chef d’œuvre du maître espagnol est conservé depuis 1992 à Madrid, au Musée Reina Sofía.

Pièce maîtresse de l’exposition « 2020/03/15 José Manuel Ballester » du musée Guggenheim, l’œuvre « En torno al Guernica, 2009/2020 » est une version évidée ou désertée de la toile de Pablo Picasso, qui véhicule un regard nouveau sur l’épisode historique, la tragédie humaine, ainsi que sur la peinture elle-même. « Mon intervention sur Guernica est une tentative de ramener à l’époque actuelle les événements qui ont motivé la création de ces œuvres, pour les mettre en parallèle avec les conflits actuels existant dans le monde. Ce sont des événements qui nous choquent et nous émeuvent, mais qui, en même temps, s’effacent de notre conscience en s’éloignant dans le temps. Faire disparaître les personnages des œuvres nous transpose dans un décor de désolation, absurde, et cela rend encore plus évidentes les terribles conséquences de la barbarie humaine », explique José Manuel Ballester, qui a choisi de garder, comme unique traçe du vivant issue de l’œuvre originale, la petite fleur qui côtoie l’épée

 

Un tirage unique, sans droit à l’erreur

 

Pour réaliser ce nouveau Guernica, le Guggenheim s’est alors tourné vers la société basque Estudios Durero, spécialiste des arts graphiques équipé de longue date de machines d’impression numérique Durst. Le musée a confié au prestataire un support unique en lin, tissé à la main et enduit d’un revêtement blanc spécial, de dimensions 3,5 par 7,8 mètres, soit la taille exacte de la toile de Picasso. José Manuel Ballester et les experts d’Estudios Durero se sont alors rendus au Customer Experience Center du constructeur italien Durst, à Bressanone, afin d’y imprimer l’œuvre du photographe sur une machine grand format Rho 512, imprimante six couleurs roll-to-roll LED UV. Disposant juste assez de support pour un seul tirage (pas même pour un test), les partenaires de l’opération n’ont donc eu aucun droit à l’erreur. « Dans le travail original de Picasso comme dans la réinterprétation de Ballester, l’œuvre est composée uniquement d’une très vaste palette de gris et d’une très haute résolution dans ses nuances, donc la qualité d’impression devait être exceptionnelle, afin d’offrir une reproduction très fidèle. Cela aurait été impossible sans la Durst Rho 512 six couleurs », déclare Ander Soriano, dirigeant d’Estudios Durero.

Dans les salles du musée Guggenheim (et sur le site internet de l’exposition), le Guernica de José Manuel Ballester côtoie une sélection de photographies grand format de l’artiste, qui montrent les rues et places désertes de la ville de Bilbao pendant le confinement du printemps 2020. Un dialogue et une mise en abyme particulièrement impressionnants.

Journaliste spécialisé dans le domaine des industries graphiques, Florent Zucca est rédacteur en chef du magazine IC LE MAG / Industries Créatives, où il analyse les opérations de personnalisation menées par les marques en matière de retail, de packaging, de décoration et de communication. Diplômé de l’ISCPA Lyon (Institut Supérieur de la Communication, de la Presse et de l’Audiovisuel), il a auparavant travaillé, pendant près de dix ans, dans la presse économique.