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1 immeuble, 1 œuvre : la sélection officielle, notre coup de coeur

Dans le cadre de la charte « 1 immeuble, 1 œuvre », Franck Riester, ministre de la Culture, a remis début juin trois prix récompensant des projets exemplaires de cette démarche engagée depuis 2015. Notre coup de cœur va à un projet moins médiatique mais tout aussi riche de sens.

 

Pour Franck Riester, ministre de la Culture, « 1 immeuble, 1 œuvre » promeut l’artiste au coeur de l’entreprise et l’art contemporain au coeur de la cité. Grâce à ce programme qui relie le ministre de la Culture aux promoteurs immobiliers, ce sont des centaines d’œuvres installées dans des immeubles de commerce, de bureaux ou d’habitation qui illustrent tout à la fois la dynamique d’un secteur économique et l’importance de porter l’art aux plus près des citoyens.

 

32 sociétés, 140 œuvres installées

 

Le programme réunit désormais 32 sociétés, promoteurs et foncières, réparties sur l’ensemble du territoire français. Près de 140 œuvres ont été installées dans les parties communes d’immeubles résidentiels ou de programmes commerciaux de bureaux récemment livrés. Des œuvres conçues pour des projets d’aménagement d’envergure ont aussi été érigées dans l’espace public. L’ensemble des réalisations témoigne de la richesse des expressions artistiques et de la pluralité des modes de production engagés dans le cadre de ce programme qui devrait voir l’inauguration d’une soixantaine de nouvelles réalisations artistiques en 2019.

Début juin, le ministre de la Culture a remis trois prix récompensant des projets exemplaires de cette démarche engagée depuis 2015 (à découvrir ici), mais c’est un autre projet qui a retenu notre attention :  une réalisation proposée par le Musée des Confluences pour un projet de Bouygues Immobilier.

 

Notre coup de cœur : un espace identitaire

 

Direction le 8ème arrondissement de Lyon, entre la rue Marius Berliet et la rue Audibert et Lavirotte. Notre destination : la Résidence Kanji, un programme immobilier neuf construit sur l’ancien site de l’usine Berliet Monplaisir, haut lieu de l’histoire industrielle lyonnaise. Ici, les constructions en blocs avec des jardins intérieurs laissent la place à un espace ouvert sur l’extérieur. L’architecte du projet a sciemment respecté l’histoire des lieux, avec une organisation des bâtiments en lanière, identiques à celle qui existait du temps de Marius Berliet.

 

 

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Pour l’aménagement des parties communes, le promoteur a souhaité continuer sur cette voie. Dans le cadre de la charte « 1 immeuble, 1 œuvre » à laquelle il a souscrit, Bouygues a mandaté le Musée des Confluences pour élaborer le projet. Confiée à l’agence lyonnaise Six&Cie, spécialisée dans la création d’espaces identitaires, sa réalisation a consisté à ressusciter sur les murs des parkings et des ascenseurs de la résidence l’histoire industrielle des lieux.

Aidé dans ses recherches par la société Histoire d’Entreprises, Jacques Villié, le directeur de Six&Cie, a exhumé des archives de la Fondation Marius Berliet de magnifiques photos en noir et blanc, clichés qu’il a ensuite mis en scène. « Pour l’habillage des neuf ascenseurs de la résidence, nous avons choisi de raconter trois histoires : une histoire chronologique qui reprend les grandes dates de l’histoire industrielle du site ; une histoire chiffrée dans laquelle on apprend par exemple qu’en 1913, 3 500 voitures sont sorties de l’usine de Monplaisir, qui occupait alors 48 000 m² et employait 4000 ouvriers ; et une histoire sémantique qui reprend des expressions utilisées par les ouvriers de l’époque comme le blanc-lim’ que l’on allait boire au troquet « Chez Marinette ».

 

 

Aux entrées des parkings, ce sont des tirages en grand format qui ont été installés sous la forme d’adhésifs imprimés. On y découvre une ligne d’assemblage de voitures et l’ambiance de la rue intérieure du site Berliet. « Ces images ont été réalisées à partir de tirages argentiques de l’époque dont la qualité était exceptionnelle, ce qui nous a permis, grâce à un photograveur et un scanner rotatif, de réaliser ces mises en scène de près de 5 mètres de long » précise Jacques Villié.

 


 

Un design vecteur de liens humains

 

« Notre pari, avec ce projet, était de faire revivre l’histoire des lieux à travers ses habitants. Et de créer le dialogue autour de cette histoire. C’est plus enrichissant que de parler de la pluie et du beau temps dans l’ascenseur », commente Jacques Villié.

Signe que le pari de Six&Cie a été le bon, au moment du démantèlement du site, les habitants se sont mobilisés pour que le portail d’entrée de l’usine soit préservé, avec l’emblème de l’entreprise : il a été remonté à l’entrée de la crèche et l’école créées dans la même rue. Preuve s’il en est de l’attachement des riverains à l’histoire de leur quartier.

« Six et Cie est fière de cette réalisation qui tisse un lien culturel et social entre une ancienne friche industrielle et un nouveau quartier résidentiel et surtout entre les nouveaux résidents, leurs invités et les habitants du quartier. C’est cette démarche que le Musée des Confluences et Bouygues Immobilier ont souhaité soutenir», souligne Jacques Villié. Aujourd’hui, l’aventure industrielle perdure à quelques tours de roues de camion de là, sur le site de Vénissieux, devenu propriété de Volvo Trucks, après avoir été Renault Véhicules Industriels (R.V.I.).

Journaliste et content manager spécialisée dans le domaine des industries graphiques et créatives. Diplomée du CFPJ Paris (Centre de formation des journalistes), Cécile Jarry suit depuis plus de dix ans l’actualité de ces secteurs. Elle collabore aujourd’hui au magazine Industries Créatives, où elle décrypte les campagnes de personnalisation orchestrées par les plus grandes marques. Elle travaille notamment sur le phénomène du fast retail et de la personnalisation de l’expérience client.