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Work et personnalisation : l’enjeu de la performance

Faire de son environnement de travail un levier fort de satisfaction et d’engagement pour les collaborateurs est devenu un véritable enjeu pour les entreprises. Une nouvelle équation dans laquelle la personnalisation des lieux joue un rôle majeur, à condition d’être vecteur de mieux être et de plus grande efficacité.

L’image d’Épinal de l’open-space avec son baby-foot a vécu. Elle a cédé la place à une organisation du travail différente, avec des espaces de sociabilité repensés à l’aune d’une meilleure performance. La QVT, autrement dit la Qualité de Vie au Travail, n’est plus un simple acronyme. Une enquête récente, menée par Gras Savoye Willis Towers Watson, révèle que « c’est devenu un enjeu prioritaire pour plus de 9 employeurs sur 10 ». Aux avant-postes de cette prise de conscience, des spécialistes de l’UX-design (User eXperience Design) s’affairent et avancent des solutions qui donnent à la personnalisation des espaces un tout autre impact.

 

LE CONFORT : UNE NOTION QUANTIFIABLE ?

Créée fin 2016, la start-up Kandu (groupe Saint-Gobain) défend l’idée que le soin apporté à la qualité des espaces intérieurs favorise à la fois l’efficacité des équipes et la fidélité des clients, et donc, la performance des entreprises. À la différence d’autres approches, son discours s’appuie sur une véritable expertise scientifique. « En 2015, le service R&D de Saint-Gobain a eu le pressentiment que le soin apporté aux espaces intérieurs allait devenir un enjeu d’avenir. Pour étayer son discours avec des données scientifiques, il a lancé une grande campagne d’expérimentation auprès de ses équipes réparties dans le monde entier. Objectif : récolter des datas, les analyser et déterminer ainsi des niveaux de confort en fonction des espaces », explique Clara Getzel, la directrice de Kandu. Quatre éléments principaux ont été évalués : la température, l’acoustique, la lumière et la qualité de l’air.

 

« Plus de 40 % des actifs estiment que leur environnement de travail a un impact sur leur activité », Clara Getzel, directrice de Kandu

 

UN BON ÉQUILIBRE DATA / EXPERTISE HUMAINE

« La force de Kandu tient à la fois à son expertise scientifique et à sa capacité à proposer un projet clé en main, avec des préconisations précises et un accompagnement personnalisé qui va jusqu’à la mise en place des solutions proposées », poursuit Clara Getzel. Une stratégie pertinente, qui s’appuie sur les récents progrès du marché en termes de personnalisation des supports, avec des matériaux de plus en plus innovants, qui multiplient les propriétés acoustiques, thermiques… et des solutions d’impression extrêmement polyvalentes et performantes.

Les premiers efforts de déploiement de Kandu se sont concentrés sur un secteur en particulier, celui de la restauration. « Les restaurateurs sont nombreux à souffrir d’une réputation numérique en berne, à cause du volume sonore trop fort dans leurs établissements. Ils font aussi face à un turn-over important à cause de conditions de travail difficiles. Nous leur avons montré qu’il était possible d’inverser la vapeur en posant d’abord le bon diagnostic, puis en y apportant des solutions à la fois efficaces et esthétiques », témoigne la dirigeante. Une quarantaine de restaurants a fait appel aux services de la start-up : tous reconnaissent un vrai changement et un gain réel en qualité de vie. Kandu poursuit aujourd’hui son développement dans l’univers des espaces de travail. « Plus de 40 % des actifs estiment que leur environnement de travail a un impact sur leur activité. Pour les jeunes diplômés en particulier, c’est un élément déterminant pour le choix d’un poste », poursuit Clara Getzel.

 

SOIGNER SES ESPACES POUR MIEUX SOIGNER LES HOMMES

Dans le secteur hospitalier, d’autres designers sont à l’œuvre pour donner davantage de sens à la personnalisation des espaces. Longtemps fermés à toute forme de personnalisation pour des raisons de sécurité sanitaire, les hôpitaux, et notamment les services de pédiatrie, découvrent les plaisirs de la décoration intérieure, pour ses vertus esthétiques et surtout curatives.

Théorisé par Jean-Gabriel Causse, le soin par la couleur a fait ses premières armes au sein du service de pédopsychiatrie de l’hôpital de Marseille. Sous l’autorité des professeurs Marcel Rufo et David Da Fonseca, le designer a déterminé en 2012 les couleurs de l’Espace Méditerranéen de l’Adolescence, en fonction des pathologies des adolescents. Des couleurs qu’il a mises en scène avec des jeux de trompe-l’œil. Par cette expérience, il a ouvert la voie à d’autres réalisations qui fleurissent aujourd’hui un peu partout en Europe.

 

« Les 120m2 d’impression réalisés au CHRU de Brest faisaient partie d’un projet global de plus grande ampleur, conçu pour améliorer la prise en charge de l’angoisse et de la douleur des enfants », Frédéric Clermont, designer de l’agence Desind

 

En France, c’est au CHU de Brest, dans le service de radiologie pédiatrique, que la dernière expérience significative a été menée. Grâce aux nouvelles technologies d’impression proposées par le constructeur HP, via notamment ses encres Latex qui n’émettent aucun composé organique volatile, le designer Frédéric Clermont, de l’agence Desind, a pu créer un projet innovant, en collaboration avec les équipes médicales. Pour les équipes soignantes, il s’agissait avant tout d’un objectif de soin, avec ce besoin de rendre les lieux moins anxiogènes pour les enfants. « On avait besoin de customiser notre IRM, pour la rendre plus rassurante, car nous sommes dans un univers très technicisé, qui peut faire peur », témoigne le docteur Olivier Legeas, radio-pédiatre au CHRU de Brest. « Au-delà de la décoration, l’idée était d’accompagner l’enfant, de la salle d’attente à la salle d’examen. Les 120m2 d’impression réalisés faisaient partie d’un projet global de plus grande ampleur, conçu pour améliorer la prise en charge de l’angoisse et de la douleur des enfants », explique Frédéric Clermont.

© HP

Conçu en partenariat avec des hypnothérapeutes, le projet décline des graphismes et des couleurs qui captent l’attention des enfants et les rassurent, ainsi que leurs parents. Le thème de la mer a été choisi pour la proximité de l’hôpital avec l’océan et pour l’histoire de la ville, mais aussi parce qu’il a permis d’utiliser massivement la couleur bleu, dont les vertus hypnotiques sont avérées. Les résultats se sont fait sentir très rapidement. « Aujourd’hui, nos petits patients n’ont plus besoin d’être sédatés pour consentir à l’examen. Ils sont plongés dans un état hypnotique, confie Ingrid Brinster, cadre de santé du service, à l’initiative de ce projet. Accompagnés par une étoile de mer qu’ils connaissent bien, puisqu’elle leur tient compagnie depuis la salle d’attente, ils n’ont plus peur ».

 

UN DESIGN VECTEUR DE LIENS HUMAINS

Autre espace de travail, autre stratégie. Acteur incontournable du BTP de la région Rhône-Alpes depuis bientôt 50 ans, Martel Groupe a inauguré cette année son tout nouveau siège, un bâtiment sur deux étages construit pour accompagner sa croissance, mais surtout renforcer son identité. En 1971, lorsque Georges Martel crée sa société de transports de granulats, il ne possède qu’un seul camion et ses bureaux sont dans le sous-sol de la maison familiale. Reprise en 1986 par Lionel et Fabrice Martel, les fils de Georges, l’entreprise grandit en multipliant les opérations de croissance externe. Aujourd’hui, elle livre plusieurs centaines de chantiers par an, avec des réalisations de référence comme le tunnel de la Croix Rousse à Lyon ou la voie d’accès sud de l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry. Toujours indépendant et familial, le groupe est passé de 25 salariés en 2001 à 230 aujourd’hui. « Il était temps pour nous d’incarner, dans nos murs, tous ce chemin parcouru », explique Lionel Martel, qui a choisi l’agence lyonnaise Six&Cie, spécialisée dans la création d’espaces identitaires, pour l’accompagner dans ce projet.

© Six&Cie

« La création de cette entité “siège” est avant tout un acte fort de communication à destination de l’interne. Contrairement à certaines entreprises, qui créent des showrooms pour accueillir leurs clients, Martel Groupe voulait raconter son histoire pour valoriser ses métiers auprès de ses collaborateurs. Certains sont là depuis 30 ans, il était important pour les dirigeants de l’entreprise d’incarner l’esprit de cette grande famille », précise Jacques Villié, directeur de Six&Cie. Trouver le juste équilibre entre un lieu identitaire, un espace de travail et une ambiance « maison » pour une grande famille, telle a donc été la mission du designer. Rompu à ce genre d’exercice, Jacques Villié a multiplié les entretiens pour trouver les mots justes et imaginer les traductions graphiques adéquates. Avec succès.

LES SECRETS D’UN ENVIRONNEMENT PARFAIT

Nous passons 90 % de notre temps de vie à l’intérieur. Ni notre corps, ni notre esprit n’ont été conçus pour cela. Quant à nos bâtiments, ils sont rarement adaptés aux usages. Si nous savons tous que ce que nous mangeons influe sur notre santé, nous savons moins que les bâtiments ont, eux aussi, un impact direct sur notre état. C’est particulièrement vrai au bureau, où l’on passe beaucoup de temps. Alors, sur quels paramètres pouvons-nous jouer pour améliorer notre quotidien ?

  • L’acoustique: Pour le seul milieu professionnel, la gêne et la perte de productivité dues au bruit ont un coût annuel de 18 milliards d’euros. En cause, les arrêts de travail et les dépenses de santé.
  • La qualité de l’air: La pollution intérieure impacte la santé et l’activité cérébrale.
  • La luminosité: Un mauvais éclairage, c’est davantage de fatigue et des capacités intellectuelles diminuées.
  • La température: L’inconfort thermique altère la concentration et augmente le risque de tension au sein des équipes. Et un taux d’humidité compris entre 40 et 60 % participe aussi à un confort de qualité.

Journaliste et content manager spécialisée dans le domaine des industries graphiques et créatives. Diplomée du CFPJ Paris (Centre de formation des journalistes), Cécile Jarry suit depuis plus de dix ans l’actualité de ces secteurs. Elle collabore aujourd’hui au magazine Industries Créatives, où elle décrypte les campagnes de personnalisation orchestrées par les plus grandes marques. Elle travaille notamment sur le phénomène du fast retail et de la personnalisation de l’expérience client.