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    Les nouveaux pouvoirs de l’étiquette

    Ennoblies, connectĂ©es, inviolables ou mĂȘme holographiques : des cosmĂ©tiques au secteur viticole, les Ă©tiquettes se dĂ©clinent Ă  l’infini ! Si les techniques traditionnelles conservent encore aujourd’hui une trĂšs large majoritĂ© du marchĂ© de l’impression d’étiquettes, on observe depuis une dĂ©cennie une forte progression des technologies d’impression numĂ©rique, qui conquiĂšrent des parts de marchĂ© de plus en plus importantes sur ce secteur. Tour d’horizon d’un marchĂ© florissant !

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    Un marché en croissance

     

    Elles sont partout, des tableaux de bord des avions jusque sur les bouteilles de nos boissons prĂ©fĂ©rĂ©es. Qu’elles identifient, informent, valorisent, sĂ©curisent ou assurent la traçabilitĂ© d’un produit, les Ă©tiquettes sont indispensables au quotidien. Si elles doivent ĂȘtre un argument de vente, on leur demande dĂ©sormais d’ĂȘtre Ă©galement crĂ©atives, techniques, robustes, biodĂ©gradables
 Les acteurs du marchĂ© ont ainsi dĂ» redoubler d’ingĂ©niositĂ© afin de satisfaire les exigences des clients.

     

    Avant d’ĂȘtre adhĂ©sive, l’étiquette est imprimĂ©e Ă  la feuille, dĂ©coupĂ©e au massicot, puis collĂ©e sur le produit. Le prĂ©-adhĂ©sivage arrive (des États-Unis) sur le marchĂ© français dans les annĂ©es 1970, d’abord pour l’industrie et les cosmĂ©tiques, avant de s’étendre, dĂšs les annĂ©es 1980, Ă  l’agro-alimentaire et la viticulture. Avant 2010, on ne trouve, en impression numĂ©rique, que des petits systĂšmes lents et couteux en consommation, ou des solutions industrielles (Indigo ou Xeikon), mais aucune machine intermĂ©diaire. L’arrivĂ©e de nouvelles solutions, Ă  partir de 2010, rĂ©volutionne le marchĂ© de l’impression d’étiquettes. La vente des petites machines explose et les imprimeurs s’équipent en numĂ©rique. Aujourd’hui, il existe des solutions pour tous les secteurs, tous les budgets et tout type de besoin.

     

    LA FRANCE, TROISIÈME MARCHÉ EUROPÉEN

    « Le marchĂ© de l’impression d’étiquettes, aprĂšs une croissance Ă  deux chiffres Ă  ses dĂ©buts, s’est aujourd’hui stabilisĂ©, avec une progression constante de 3 Ă  4 % par an depuis 2012. Il reprĂ©sente aujourd’hui, Ă  l’échelle mondiale, 39 milliards de dollars », prĂ©cise Pierre Forcade dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de l’Union nationale des Fabricants d’Étiquettes adhĂ©sives (UNFEA). Une tendance que l’on observe aussi en France, oĂč le chiffre d’affaires cumulĂ© des 400 fabricants d’étiquettes s’élĂšve Ă  1,1 milliard d’euros contre 14 milliards Ă  l’échelle europĂ©enne*. La France se classe ainsi au troisiĂšme rang des pays producteurs d’étiquettes en Europe, enregistrant une croissance similaire Ă  celle du marchĂ© mondial. Aujourd’hui, sur les 400 fabricants français d’étiquettes, quelque 250 sont considĂ©rĂ©s comme des acteurs importants. Parmi ces derniers, environ 150 sont Ă©quipĂ©s de machines numĂ©riques. Le secteur emploie aujourd’hui prĂšs de 7 000 personnes en France, tous mĂ©tiers confondus (100 000 en Europe).

    Une dynamique qui ne devrait pas faiblir, aux vues des contraintes de la rĂ©glementation, des enjeux croissants de traçabilitĂ© et des innovations technologiques sur ce segment de marchĂ©. MĂȘme si en 2020, crise sanitaire oblige, le marchĂ© de l’impression d’étiquettes a enregistrĂ© une baisse de 1,5 %. Une contraction qui cache des disparitĂ©s, car si l’automobile, l’aĂ©ronautique ou le luxe ont Ă©tĂ© frappĂ©s de plein fouet par la crise, d’autres ont su tirer leur Ă©pingle du jeu, Ă  l’instar des secteurs pharmaceutiques et de l’agroalimentaire.

     

    * Source : FINAT (association europĂ©enne de l’industrie des Ă©tiquettes autocollantes)

    © Ludovic-Charles-Alliance Etiquettes

     

     

    Une technologie aux avantages multiples

     

    Les technologies numĂ©riques reprĂ©sentent aujourd’hui plus de 10 % du marchĂ© de l’impression de l’étiquette. Dans ces 10 %, on distingue environ 75 % de toner et 25 % de jet d’encre hybride, pour 2000 presses numĂ©riques installĂ©es en Europe. Pour rĂ©pondre Ă  la hausse des demandes de petites et moyennes sĂ©ries et faire face aux dĂ©lais toujours plus courts, de nombreux imprimeurs ont investi dans des presses numĂ©riques.

     

    Si les techniques conventionnelles rĂšgnent encore en maĂźtres sur ce secteur, elles ne sont pas toujours aussi rentables que le numĂ©rique aujourd’hui. Sur cet aspect, imprimeurs, fabricants et donneurs d’ordres sont unanimes : le numĂ©rique, en Ă©vitant les temps de calage, est bien plus rapide en termes d’exĂ©cution et Ă©conomise de la main d’Ɠuvre sans sacrifier la qualitĂ© d’impression. Cette technologie permet aussi d’ĂȘtre plus rĂ©actif, de rĂ©aliser de l’ennoblissement en ligne, de tirer de trĂšs courtes sĂ©ries ou de jouer sur les donnĂ©es variables. Cet attrait pour le numĂ©rique, le constructeur HP, toujours prĂ©curseur, l’a anticipĂ© trĂšs tĂŽt, avec notamment la technologie Indigo, intĂ©grĂ©e en 2004 suite au rachat de l’entreprise Ă©ponyme. « Cette technologie innovante propose de l’impression offset numĂ©rique oĂč, grĂące Ă  un systĂšme de film faisant office de plaque, on grave et efface trĂšs rapidement selon les besoins, permettant ainsi d’imprimer autant de visuels diffĂ©rents sur une mĂȘme sĂ©rie », explique Philippe Govart, directeur marketing Arts Graphiques chez HP France.

     

    DONNÉES VARIABLES ET SÉRIES LIMITÉES

    BasĂ©e Ă  Eybens, en IsĂšre, la sociĂ©tĂ© Azur AdhĂ©sifs est Ă©quipĂ©e d’une machine HP Indigo et du logiciel HP SmartStream Designer, avec le plug-in de gestion de donnĂ©es variables HP MosaĂŻc. « GrĂące Ă  la technologie HP MosaĂŻc, nous pouvons personnaliser Ă  l’infini et rĂ©aliser une multitude d’étiquettes diffĂ©rentes sur un mĂȘme tirage. Nous pouvons aussi incrĂ©menter des numĂ©ros de sĂ©ries, crĂ©er des Ă©tiquettes encore plus sĂ©curisĂ©es avec des codes-barres ou des data matrix, explique Semi Abbes, responsable marketing de l’imprimeur. Cela nous permet Ă©galement d’ĂȘtre plus rĂ©actifs sur les changements de donnĂ©es variables – la composition des produits par exemple – et d’adapter le packaging en fonction de la saisonnalité ».

    Client d’Azur AdhĂ©sifs, Kusmi Tea imprime en sĂ©rigraphie ses boĂźtes de thĂ© en mĂ©tal. Mais pour ses Ă©ditions limitĂ©es, la marque utilise des Ă©tiquettes imprimĂ©es en numĂ©rique, comme pour la nouvelle collection « Tsarevna », que le fabricant de thĂ©s souhaitait distinguer de ses gammes classiques. Pour cette sĂ©rie limitĂ©e, Azur AdhĂ©sifs et Kusmi Tea ont travaillĂ© sur une impression numĂ©rique ennoblie par un marquage Ă  chaud et un vernis de protection. En jouant sur des effets de textures et de prise de lumiĂšre, ce type d’étiquette permet d’évĂ©nementialiser les produits, avec un rendu diffĂ©renciant.

     

    © Kusmi Tea

    COMPLÉMENTARITÉ DES TECHNOLOGIES

    HĂ©ritĂ©e des solutions feuille, la gamme de presses AccurioLabel de Konica Minolta a bĂ©nĂ©ficiĂ© de cette technologie adaptĂ©e en mode continu. Intuitives Ă  l’usage, ces machines d’entrĂ©e de apportent une rĂ©ponse aux entreprises qui souhaitent se lancer dans le numĂ©rique mais qui n’ont pas encore les marchĂ©s suffisants pour un investissement plus important. Leur vitesse et leur productivitĂ© placent d’ailleurs ces machines parmi les plus vendues en 2019. Mais Konica Minolta (actionnaire Ă  42 % de MGI) propose Ă©galement la machine JETvarnish 3D One, nouvelle solution d’ennoblissement qui permet l’ajout d’effets 3D tactiles aux travaux numĂ©riques, flexo ou offset, et qui peut ĂȘtre combinĂ©e aussi Ă  un module de dorure en ligne.

    Le constructeur Epson quant Ă  lui, s’est lancĂ© sur ce marchĂ© 2010 et propose aujourd’hui sa trĂšs complĂšte gamme SurePress, dont le nouveau modĂšle L6534VW, capable d’imprimer jusqu’à 50 mĂštres par minute, en technologies jet d’encre UV, avec vernis sĂ©lectif. Epson a fait le choix de la technologie jet d’encre, car elle ne « cuit » pas la matiĂšre – donc n’entraĂźne pas de dĂ©formation – et permet d’imprimer tous types de matiĂšres, fines comme Ă©paisses.

    Attention cependant Ă  ne pas opposer technologies traditionnelles et numĂ©riques, mais plutĂŽt jouer sur leur complĂ©mentaritĂ©. « Au-delĂ  du coĂ»t d’une machine conventionnelle, il faut en assurer sa maintenance, laver la machine entre chaque sĂ©rie, faire les clichĂ©s, sans compter le temps de prĂ©paration donc de main d’Ɠuvre. Aussi, l’imprimeur n’a pas encore lancĂ© l’impression qu’il a dĂ©jĂ  dĂ©pensĂ© de l’argent. C’est pourquoi, nos machines ont Ă©tĂ© conçues pour supprimer les coĂ»ts de mise en production des petites et moyennes sĂ©ries, en offrant une excellente rentabilitĂ© jusqu’à 400 mĂštres linĂ©aires », explique François Le Bas, directeur commercial Industrial Market chez Epson France. Mais passĂ© ce seuil, l’offset reprend la main.

    En matiĂšre d’ennoblissement aussi, la complĂ©mentaritĂ© est une carte Ă  jouer. Il est ainsi possible d’imprimer en numĂ©rique, puis d’effectuer une reprise de la bobine en sĂ©rigraphie pour rĂ©aliser des embellissements avec des beaux vernis, des dorures, des gaufrages ou du pelliculage
 Investir sur l’impression numĂ©rique d’étiquettes se calcule donc en fonction du rapport du coĂ»t de mise en production et de la longueur des tirages.

     

     

    La voie de la mixité

     

    Convaincus que la diversification de leur parc machines contribuerait Ă  la pĂ©rennitĂ© de leur activitĂ©, les imprimeurs, en complĂ©ment de leurs machines traditionnelles, ont acquis des presses numĂ©riques. Aujourd’hui, la majoritĂ© dispose dĂ©sormais d’ateliers hybrides, pour rĂ©pondre Ă  la diversitĂ© de leurs commandes.

     

    CosmĂ©tiques, vins et spiritueux, pharmacie, agroalimentaire : tous ces secteurs se sont emparĂ©s du numĂ©rique, pour gagner en mixitĂ© en matiĂšre d’impression d’étiquettes. Une dynamique qui n’a pas Ă©chappĂ© Ă  LabelG2. En pĂ©riphĂ©rie de Lyon, Fabrice Coste et Rodolphe Tavano ont complĂ©tĂ©, il y a huit ans, leur parc machines de trois solutions numĂ©riques Epson. Aujourd’hui, le numĂ©rique permet de rĂ©pondre aux besoins des marques qui crĂ©ent des gammes de plus en plus Ă©tendues, multi-produits, sur des petites quantitĂ©s. « Nous travaillons pour un fabricant d’huiles essentielles, qui propose prĂšs de 100 rĂ©fĂ©rences et une production en rĂ©assort constante. Pour ce type de client, le numĂ©rique est idĂ©al. De plus, la taille rĂ©duite d’une Ă©tiquette d’huile essentielle se prĂȘte Ă  cette technologie », explique Fabrice Coste. Pendant le confinement, LabelG2 a mĂȘme imprimĂ© prĂšs d’un million d’étiquettes sur quatre mois. Cette production a compensĂ© le fort ralentissement du reste de l’activitĂ© pendant cette pĂ©riode, allant jusqu’à reprĂ©senter 20 % du volume d’affaires de l’entreprise. D’autres secteurs, comme la micro-brasserie, ont Ă©galement soutenu le marchĂ© de l’étiquette.

     

    COMBINAISON FLEXO-NUMÉRIQUE

    Brasseur de biĂšre depuis 1997, le Ninkasi fabrique dĂ©sormais sodas et spiritueux. L’entreprise lyonnaise, en plein dĂ©ploiement national, compte aujourd’hui vingt points de vente. C’est au lancement de leur activitĂ© de distillerie, en 2017, qu’ils dĂ©cident de collaborer avec LabelG2 pour l’impression des Ă©tiquettes de leur premier whisky. Ils impriment ainsi, en numĂ©rique, les Ă©tiquettes de leur premier single malt – le Track#1 – produit Ă  1000 cols. Une technologie qui leur a permis de personnaliser leurs bouteilles, de tirer des rĂ©assorts, des lancer de courtes sĂ©ries d’éditions limitĂ©es ou encore d’ajouter la mĂ©daille d’or au Concours GĂ©nĂ©ral Agricole obtenue en 2020 sur les Ă©tiquettes du single malt Track#3.

    Olivier Orsucci, directeur artistique de l’enseigne, avoue avoir eu des rĂ©ticences Ă  utiliser l’impression numĂ©rique, par crainte de perdre en qualitĂ©, notamment sur le choix des couleurs. « Mais grĂące Ă  l’expertise de LabelG2, nous avons rĂ©ussi Ă  obtenir, en numĂ©rique, l’équivalent des Pantone que nous utilisons habituellement. Depuis, nous adaptons les techniques d’impression selon nos besoins », explique Olivier Orsucci. Pour les trĂšs grandes sĂ©ries, comme pour ses biĂšres classiques, le brasseur s’oriente vers la flexographie ou la sĂ©rigraphie, tandis que les Ă©tiquettes de whisky sont imprimĂ©es en numĂ©rique, puis repiquĂ©es pour numĂ©roter chaque bouteille. « Cette valorisation permet d’assurer la traçabilitĂ© du produit, qui en fait sa singularitĂ©. Le rendu est extrĂȘmement qualitatif, pour un budget plus compĂ©titif que ce que le traditionnel pourrait proposer », estime le directeur artistique du Ninkasi.

     

    © Ninkasi

    Face Ă  la demande croissante, le marchĂ© a ainsi vu apparaĂźtre de nouvelles machines hybrides. C’est le cas chez Konica Minolta, qui propose une nouvelle option d’impression flexographique pour ses presses AccurioLabel, afin d’élargir leur application, notamment avec la production en ligne du blanc et d’autres couleurs. PrĂ©sentĂ©e comme une unitĂ© de surimpression, cette option permet aux imprimeurs d’étiquettes de diversifier leurs travaux numĂ©riques.

     

     

    Les nouvelles technologies et solutions

     

    Les dĂ©partements R&D rivalisent d’ingĂ©niositĂ© pour amĂ©liorer et automatiser plus encore les machines afin de proposer des Ă©tiquettes encore plus performantes. Nous assistons aujourd’hui Ă  une course au prix, Ă  la rapiditĂ©, mais surtout Ă  l’innovation.

     

    Avec leur capacitĂ© Ă  contenir plus d’informations qu’un code-barres, les Ă©tiquettes RFID (Radio Frequency Identification) se dĂ©veloppent largement depuis deux ans. Ces Ă©tiquettes nouvelle gĂ©nĂ©ration, composĂ©es d’une puce, contiennent des donnĂ©es et une antenne capable d’émettre et de recevoir un signal. RecommandĂ©es pour la logistique et la gestion des stocks, cette technologie permet de lire une Ă©tiquette sans la voir, mais donne aussi la possibilitĂ© de modifier et réécrire les donnĂ©es gravĂ©es sur celle-ci. « Aujourd’hui les fabricants sont sur le point de lancer l’impression d’encres conductrices, en numĂ©rique, sur Ă©tiquettes, pour alimenter une diode, une LED ou une puce RFID », explique Pierre Forcade, dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral de l’UNFEA, qui travaille actuellement sur un projet de fabrication d’étiquette intelligente et complĂšte avec l’Association française de l’Électronique imprimĂ©e (AFELIM).

     

    DES ENCRES QUI OUVRENT LE CHAMP DES POSSIBLES

    Autres nouveautĂ©s, chez HP : la presse HP Indigo V12 – dont la sortie, initialement prĂ©vue cette annĂ©e, est repoussĂ©e Ă  2022 – qui gagnera en rapiditĂ© grĂące Ă  une rĂ©vision totale de sa technologie, ainsi que le dĂ©veloppement d’une encre mĂ©tallisĂ©e qui, mĂ©langĂ©e avec n’importe quelle teinte, permet de transformer tous les Pantone en teinte mĂ©tallisĂ©e. De son cĂŽtĂ©, Epson a amĂ©liorĂ© son encre luminescente (sur les SurePress), utilisĂ©e pour la traçabilitĂ© – qui peut ĂȘtre dĂ©sormais posĂ©e en ligne en 50 mĂštres par minute. Chez Xerox, la presse Iridesse autorise l’ajout d’une cinquiĂšme et d’une sixiĂšme couleur toner. Cette technologie permet la pose, en ligne et Ă  pleine vitesse, d’un vernis (toner or, argent ou transparent, utilisĂ© façon vernis numĂ©rique pour de la sĂ©curisation ou un effet vernis sĂ©lectif). Un toner qui peut ĂȘtre utilisĂ© pour mĂ©talliser les teintes traditionnelles. « Notre objectif est de faire Ă©voluer les machines en fonction des demandes des clients et de leur Ă©viter l’achat d’une nouvelle presse s’ils souhaitent rĂ©aliser des vernis ou des dorures, explique Isabelle Savin, directrice marketing de Xerox France. Nos machines sont dĂ©diĂ©es aux petits et moyens tirages, mais peuvent aussi rĂ©aliser de grandes sĂ©ries jusqu’à 100 000 exemplaires ».

    © Azur Adhésifs

     

    DES ÉTIQUETTES EN RÉALITÉ AUGMENTÉE

    Azur AdhĂ©sifs, pour sa part, a rĂ©alisĂ© des Ă©tiquettes en rĂ©alitĂ© augmentĂ©e, en collaboration avec le groupe ARgo (ex-SnapPress). Ainsi, en scannant le frontal grĂące Ă  un smartphone, on fait apparaĂźtre une recette, une vidĂ©o, un hologramme, des fiches de traçabilitĂ©… L’occasion, pour les marques, de se diffĂ©rencier et d’attirer une nouvelle cible de consommateurs, mais aussi une opportunitĂ© de changer rĂ©guliĂšrement leurs messages ou les informations qu’elles souhaitent communiquer. « Ce genre de technologie permet aux clients de fournir des informations complĂ©mentaires. Une valeur ajoutĂ©e indĂ©niable qui a, selon moi un avenir intĂ©ressant », confie Semi Abbes, responsable marketing d’Azur AdhĂ©sifs. De son cĂŽtĂ©, le groupe Adesa propose, depuis prĂšs de deux ans maintenant module de gestion de donnĂ©es variables et une solution pour crĂ©er des Ă©tiquettes interactives grĂące Ă  la technologie NFC.

     

    © Azur Adhésifs

     

     

    Le web-to-print gagne du terrain

     

    La hausse significative de la demande a favorisĂ© le dĂ©veloppement de l’automatisation de la relation client via des plateformes web-to-print. Une tendance qui a trouvĂ© toute sa lĂ©gitimitĂ© lors du confinement.

     

    Le web-to-print permet de rester en contact permanent avec les clients qui souhaitent automatiser leurs commandes. Ces solutions d’impression en ligne « clĂ© en main » constituent une offre de service complĂ©mentaire, qui permet de rĂ©guler la demande croissante du marchĂ© et de rĂ©partir le travail en fonction des spĂ©cificitĂ©s des parcs machines de chacun.

    Acteur historique du marchĂ© de l’étiquette adhĂ©sive, Adesa a lancĂ©, en octobre 2017, la plateforme de vente en ligne Smart Label. Si, depuis trois ans, la plateforme web-to-print du groupe gardois Ă©tait ouverte aux professionnels et aux particuliers, Adesa a trĂšs rĂ©cemment fait le choix de consacrer Smart Label exclusivement aux revendeurs. Ainsi, en janvier 2021, Smart Label dĂ©voilera un site refait Ă  neuf, avec de nouvelles fonctionnalitĂ©s spĂ©cifiques aux professionnels, tandis que l’offre Ă  destination des particuliers ne sera plus effective.

    Parmi les fonctionnalitĂ©s dĂ©jĂ  proposĂ©es par la plateforme, Adesa a lancĂ© la toute premiĂšre API d’impression d’étiquettes adhĂ©sives en marque blanche. Ainsi, les revendeurs peuvent intĂ©grer Ă  leur site internet un calculateur qui permet Ă  leurs clients de calculer un prix, de commander et de suivre l’impression d’étiquettes personnalisĂ©es. « Si le fichier est envoyĂ© avant 10h, les Ă©tiquettes peuvent ĂȘtre livrĂ©es dans l’aprĂšs-midi ! Le web-to-print est un nouveau canal de vente qui permet de nous adresser aux clients qui souhaitent imprimer rapidement, en petite sĂ©rie, avec des finitions standardisĂ©es », confie Ludovic Martin, directeur marketing et e-commerce chez Adesa.

    © Samuel Duplaix

     

    RÉACTIVITÉ : LE MAÎTRE-MOT

    À peine plus au nord, dans le Vaucluse, l’imprimerie 5 Sept Étiquette (qui vient de rejoindre le groupe Alliance Étiquettes), a quant Ă  elle investi le segment du web-to-print en 2018, avec le lancement de la plateforme Yetiq, dĂ©diĂ©e aux Ă©tiquettes adhĂ©sives en bobine, Ă©galement pour les professionnels. « Nous proposons une solution qui permet de commander, de façon simple et rapide, des Ă©tiquettes adhĂ©sives en rouleaux de qualitĂ© professionnelle, Ă  tarifs compĂ©titifs et dans des courts dĂ©lais de production. Nos clients sont libres de crĂ©er ce qu’ils souhaitent, dans les limites techniques de nos machines », explique CĂ©dric Caboche, directeur du pĂŽle numĂ©rique chez Yetiq. Une rĂ©activitĂ© essentielle, rendue possible grĂące aux courts dĂ©lais de traitement et Ă  l’efficacitĂ© du processus de production, optimisĂ© grĂące aux flux de donnĂ©es numĂ©riques.

    UNFEA : une fédération active

    L’Union nationale des Fabricants d’Étiquettes adhĂ©sives (UNFEA) a Ă©tĂ© créée en 1970. Cette fĂ©dĂ©ration regroupe aujourd’hui 177 adhĂ©rents, dont 102 fabricants d’étiquettes et 75 membres associĂ©s (fournisseurs). L’UNFEA a pour missions de rapprocher les acteurs de la filiĂšre, de former et de participer au dĂ©veloppement et Ă  la transmission des savoir-faire, d’informer les adhĂ©rents sur l’évolution de la filiĂšre (rĂ©glementations nationales et europĂ©ennes) et enfin d’en assurer la promotion. En collaboration avec CitĂ©o, l’UNFEA vient d’éditer un guide sur l’écoconception des Ă©tiquettes, qui compile les connaissances en la matiĂšre, de sa fabrication Ă  son recyclage, sans omettre aucun sujet, notamment celui du traitement de la glassine (papier siliconĂ© qui protĂšge l’adhĂ©sif avant qu’il ne soit collĂ©e sur son support) – enjeu majeur du secteur – dont seul un trĂšs faible volume est aujourd’hui valorisĂ©.

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    Journaliste diplĂŽmĂ©e de l’Institut de la Communication et des MĂ©dias (Grenoble) et de l’UniversitĂ© Jean Moulin (Lyon), Emmanuelle Hebert a exercĂ© dans les secteurs de la presse et de la communication. Elle travaille depuis 2017, comme indĂ©pendante, en conseil Ă©ditorial et collabore depuis deux ans avec IC Le Mag.