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Le Laboratoire Aguettant soigne sa signalétique

Souvent considérée comme le parent pauvre des grands projets architecturaux, quelques lignes au mieux dans le projet initial, la signalétique peut pourtant s’avérer être un élément stratégique pour une entreprise. Au cœur du « biodistrict » de Lyon-Gerland, le nouveau site du Laboratoire Aguettant est un exemple du genre. Visite guidée.

 

Au départ, quand le Laboratoire Aguettant a fait appel à l’agence Six&Cie pour réfléchir à une signalétique pour ses nouveaux locaux, c’était surtout pour mettre un peu de couleur sur tous ses murs blancs flambant neufs et égayer un peu l’histoire. Mais en bon spécialiste de création d’espaces identitaires qu’il est, Jacques Villié, le fondateur de Six & Cie, a fait plus que cela. Et plutôt que d’égayer un peu l’histoire, il a préféré la raconter. Il faut dire que le lieu s’y prêtait puisqu’il réunissait sur un même site, toutes les compétences du laboratoire. C’était une volonté de la direction – 40 millions d’euros d’investissement – qui voulait ainsi stimuler l’innovation au sein de ses équipes. Une volonté qu’il fallait incarner.

 

Une belle histoire à raconter

 

La visite commence dès le hall d’accueil avec un espace dédié à l’histoire du Laboratoire. Cent trente ans de découvertes et d’innovations racontée en quelques vitrines. Authentique témoin des origines, le mortier dans lequel Noël Crolas fabriquait sa fameuse teinture de Cocheux, point de départ de toute l’aventure, accueille le visiteur dès l’entrée. Comme dans un musée, des vitrines présentent les produits-phares qui ont fait le succès du laboratoire au fil des ans.

Sur le mur, une carte du monde indique ses différentes implantations ainsi que celles de ses distributeurs. Les meubles, parfaitement blancs, sont en solid surface, une matière qui rappelle les paillasses de laboratoire. Ils ont été dessinés par Jacques Villié et son équipe. Leur forme est originale, multi-facettes. Elle s’inspire des constructions en origami. « En travaillant ainsi nos éléments de signalétique, nous voulions amener du volume dans l’espace », explique le designer.  Sur les portes des premières salles de réunion que l’on aperçoit, des éléments de signalétique rappellent ce parti-pris. Ils reprennent tous le code couleur du laboratoire, avec son bleu et son orange.

« La volonté du laboratoire d’avoir une signalétique forte sur tout son site répond à une vraie vision stratégique, celle de démontrer l’efficacité de son modèle », explique Coralie Mannino, responsable de la communication du Laboratoire Aguettant.

Un modèle qui veut que toutes les compétences du laboratoire soient aujourd’hui réunies sur un même site, de la R&D à la fabrication des produits et leur mise sur le marché, afin de stimuler l’innovation au sein des équipes et assurer ainsi le rayonnement de l’entreprise au niveau international.
Dans le bâtiment des bureaux, la déclinaison de l’origami se retrouvent à tous les étages. Des films adhésifs opaques habillent les vitres. Ils ont tous fait l’objet d’une étude personnalisée pour répondre aux attentes des personnes qui travaillent ici, avec des petites fenêtres de courtoisie, disséminées à la demande pour préserver l’intimité de chacun tout en conservant une certaine ouverture. En plexiglas, les numéros des étages se détachent en volume sur les murs. Ils ont été fixés sur une entretoise et recouverts d’un adhésif imprimé en 3D.

 

Un parcours pédagogique et didactique

 

Direction maintenant l’espace des laboratoires et le site de production et leurs 5900 m2 de surface. Le fil conducteur mis en place dès l’entrée fonctionne à plein. On retrouve les mêmes couleurs, le même esprit. La visite guidée que nous empruntons alors est la même que celle effectuée régulièrement par les clients du laboratoire, les autorités sanitaires et les responsables d’audits. Une fenêtre sur le site de production nous permet de jeter un œil dans les coulisses.  Puis nous découvrons les différentes étapes de fabrication des produits, depuis la R&D jusqu’aux unités de conditionnement. Notre est jalonné de textes explicatifs écrits à l’adhésif directement sur les murs.

« Pour des raisons sanitaires évidentes, tous les éléments de signalétiques ne devaient pas présenter d’aspérité. Aucun relief n’était toléré. Tout a donc été réalisé avec de l’adhésif. Au niveau le plus critique, c’est-à-dire à la production, nous avons même été contraints d’utiliser des adhésifs antibactériens », commente Jacques Villié.

En français et anglais, les textes détaillent chaque étape. Le orange et le bleu sont toujours présents, mais avec une signification plus forte. Ils délimitent les zones : le orange pour les espaces « avant stérilisation », le bleu pour ceux « après stérilisation ». « La qualité de l’eau, le traitement de l’air… tous ces éléments sont au cœur du fonctionnement de notre laboratoire et font l’objet de contrôles permanents. Pouvoir s’appuyer sur un parcours de visite fort, avec des panneaux explicatifs bilingues, est un élément fondamental pour nous. Ce sont des éléments de communication importants pour les personnes qui viennent de l’externe, mais aussi des outils pédagogiques majeurs pour nos collaborateurs qui perçoivent ainsi mieux tous nos métiers, toutes nos compétences, toute notre stratégieGrâce à ces panneaux, nous parlons tous le même langage. C’est extrêmement valorisant pour les équipes »,commente Coralie Mannino.

 

Bientôt, un nouveau parcours

 

« Au départ, le projet a failli ne pas se faire car le directeur industriel avait beaucoup d’appréhension concernant la sécurité sanitaire des lieux. Aujourd’hui, il est ravi », souligne Jacques Villié.  « La mise en place de ce parcours fait partie de la stratégie d’accompagnement du personnel mise en place par la Direction des Ressources Humaines. D’ailleurs, le projet continue puisque nous souhaitons aujourd’hui  décliner cette approche sur le site de notre usine de Champagne en Ardèche, à la faveur de l’ouverture d’une nouvelle ligne de production de seringues à très forte valeur ajoutée », conclut Coralie Mannino.

 

Journaliste et content manager spécialisée dans le domaine des industries graphiques et créatives, Cécile Jarry suit depuis plus de dix ans l’actualité de ces secteurs. Elle collabore aujourd’hui au magazine Industries Créatives, où elle décrypte les campagnes de personnalisation orchestrées par les plus grandes marques. Elle travaille notamment sur le phénomène du fast retail et de la personnalisation de l’expérience client.